Me Soamiadana Rabetsaroana. Un retour à Madagascar sous les auspices de Saint-Louis

Publié par Saint-Louis Juridique|13 février 2020

« J’ai toujours eu envie de revenir pour participer au développement de mon pays. Je suis convaincue que mon pays a besoin de ses enfants, des compétences variées et complémentaires pour réussir son développement. Effacer un peu la fausse idée reçue, la perception souvent péjorative à l’égard de Madagascar, mais aussi à l’égard de la diaspora. Aujourd’hui le vent du changement souffle et un regain d’optimisme se fait sentir. Le climat social et politique actuel se révèle être favorable aux participations (…). Tout cela doit être encadré, accompagné, soutenu par des pratiques répondant aux normes techniques requises sur le plan international d’une part. Et d’autre part, j’entends apporter ma part de brique à l’édifice en accompagnant le gouvernement dans cette optique de faire avancer le pays. Avec mes associés, nous travaillons Jacob Andriambelo, journaliste doyen. Ny Feraparan’ny nahalasany ensemble depuis longtemps. Ils ont voulu m’aider quand je leur ai dit que je voulais revenir ici et ont souhaité m’accompagner dans ce projet. C’est une continuité de ce qui existe en France ». Qui s’est exprimé ainsi face aux journalistes malagasy, l’autre jour (le 5 novembre 2019) et de qui et de quoi parle-t-on exactement?

On parle de Soamiadana Rabetsaroana qui, comme son nom l’indique, est Malagasy. Et, contrairement à bon nombre de compatriotes de la dénommée diaspora qui préfèrent rester dans le pays où ils ont obtenu un diplôme, elle a décidé de revenir au pays. Là où beaucoup de Malagasy de son âge souhaiteraient s’expatrier… Juriste de formation, Me Soamiadana Rabetsaroana, avocat au barreau de Paris (toque K0079). est titulaire du Certificat d’Aptitude à la Profession d’Avocat (CAPA) délivrée par la Haute École des Avocats Conseils, d’un Master II en Contentieux des affaires suite à un double cursus de haut niveau acquise au sein de l’Ecole Préparatoire et de l’École Nationale de Commerce – ENC BESSIERE et de l’Université Paris X – Nanterre.

Ce n’est pas rien, vous en conviendrez avec moi. Depuis deux ans, Me Soamiadana Rabetsaroana est collaboratrice au sein du Cabinet Saint Louis Avocats. Un peu d’Histoire avant d’aller plus en avant. Ce Cabinet, créé en 1970, s’est installé en 1995 sur l’Ile Saint Louis, dans le 4è arrondissement de Paris. D’où son nom: Saint Louis. Mais qui est donc ce personnage? Sachez alors que c’est l’appellation donnée à Louis IX, dit «le Prudhomme». il s’agit d’un roi de France capétien né le 25 avril 1214 à Poissy, en région parisienne, et mort le 25 août 1270 à Carthage, en Tunisie. Il a été appelé Saint Louis car il respectait les règles demandées par l’Eglise (La prière, la compassion, l’aumône et la pénitence). Il a été canonisé 27 ans, après sa mort, par le Pape Boniface VIII.

Suivant certainement aussi les traces et les préceptes de Saint Louis -Respect des règles-, Me Soamiadana Rabetsaroana, avec d’autres avocats experts du même Cabinet de Paris, ont récemment fondé le Cabinet Saint Louis Juridique dont le siège social se trouve à la gare de Soarano, PK 0 Antananarivo. Selon Me Soamadiana Rabetsaroana : « Le Cabinet Saint Louis juridique interviendra à Madagascar dans plusieurs domaines. Nous voulons assurer un cadre juridique stable qui offre un équilibre, que ce soit pour Madagascar ou pour les investisseurs étrangers. L’idée est de mettre en place un standard juridique aux normes internationales dans le pays ».

Le vendredi 08 Novembre 2019 en début de soirée, a eu lieu la cérémonie d’ouverture officielle du Cabinet Saint Louis juridique, en présence de nombreuses personnalités dont Christine Razanamahasoa, Présidente de l’Assemblée nationale de Madagascar, qui a prononcé le discours suivant :

Distingués invités, « Mesdames et Messieurs, 2019 est une année pour le changement à Madagascar. Le pays s’apprête à franchir une nouvelle phase dans la relance économique, à travers une politique ambitieuse fondée sur l’Emergence de Madagascar. Le climat des affaires à Madagascar tend vers le positif. En effet, en 2019, Madagascar se positionne au 22è rang parmi les 47 pays en Afrique. Nous avons la certitude que le pays jouit d’une confiance accrue des investisseurs étrangers. Une situation qui est, d’autant plus, appuyée par les initiatives de Son Excellence Monsieur le Président de la République, à travers le Plan d’Emergence. Pour atteindre cet objectif, le pays tient à s’engager davantage dans l’assainissement de l’environnement des affaires à Madagascar, notamment dans la sécurisation des investissements, l’intensification de la lutte contre la corruption et la mise en place d’un monde juridique stable. Le cadre législatif est très important pour tout investisseur. Madagascar possède un arsenal juridique complet et mis à jour. Citons, entre autres, la loi sur la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme; la loi sur la concurrence; la loi contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée. Le droit des “investissements” implique un système juridique cohérent et accessible. Ce qui compte pour les investisseurs, ce sont les principes incarnés dans la notion d’Etat de droit: la bonne gouvernance, la prévision, la transparence, la crédibilité, la responsabilité et l’équité. Une action efficace menée dans ces principaux axes, encouragera les investissements. Une politique d’investissement efficace s’ancre dans des institutions solides et une gouvernance publique de qualité. Un environnement juridique fondé sur la confiance facilité cette politique d’investissement. Ainsi, une confiance élevée peut faciliter le respect des lois et des règlements, rassurer les investisseurs et, enfin, réduire l’aversion au risque. Par ailleurs, l’arbitrage constitue une procédure spécifique aux droits des affaires à Madagascar, que les investisseurs privilégient de par son équité et sa rapidité face à la lenteur judiciaire. Choisir un pays pour investir, c’est un choisir un partenaire avec lequel des relations de confiance vont pouvoir se nouer. Je tiens, ici, à remercier Me Soamiadana Rabetsaroana qui a décidé d’investir Madagascar à travers le Cabinet Saint Louis Juridique. Me Soamiadana Rabetsaroana reflète la vision d’une jeunesse audacieuse, engagée mais surtout patriote.

Je tiens à féliciter cette décision. Vous êtes ici pour apporter une nouvelle vision pour Madagascar, en termes d’échanges et de partages d’expertises et d’expériences dans le cadre juridique. Avec son équipe aux profils et aux expériences variés, le cabinet saura accompagner dans les démarches de réformes juridiques, toujours dans une perspective d’asseoir la transparence et l’engagement dans les investissements, et il saura également accompagner les acteurs du monde des affaires, dans les aléas des différends liés à l’exercice de leur contrat. Un système politico-juridique, institutionnellement stable répondra au mieux aux attentes des entreprises. L’implantation du Cabinet Saint Louis Juridique à Madagascar est un signal plus que positif pour le monde des affaires. Nous espérons que les échanges et les transferts de compétence seront nombreux, pour que les jeunes puissent s’inspirer de vos savoir-faire qui s’étendent dans de nombreux domaines. Mesdames et Messieurs, Les investissements sont la source durable du développement. Cependant, dans l’exercice de leur activité commerciale, les entreprises sont souvent confrontées à des situations difficiles. Le Cabinet Saint Louis Juridique sera une force de propositions et les rassurera. Nous lui souhaitons bon vent, plein succès et entière réussite. Mesdames et Messieurs, Avant de clore mon allocution, je voudrais quand même vous rassurer que l’Institution législative que j’ai l’honneur de présider, est ouverte à toutes les éventuelles réformes susceptibles d’améliorer l’environnement socio-juridique des affaires et, pourquoi pas, dès à présent, ne pas songer à concilier le temps qui court à la recherche et à la réflexion sur la codification des textes? Mesdames et Messieurs, Je vous remercie de votre aimable attention ». Christine Razanamahasoa, Présidente de l’Assemblée nationale de Madagascar

Alea jacta est ! Félicitations à Me Soamiadana Rabetsaroana -et aussi à ses parents et à ses consœurs et confrères- pour ce retour au pays sous les auspices du bon roi Saint Louis et de ses préceptes. Surtout…

Voir également
08 Jan

La condition suspensive et la condition résolutoire

Le contrat est formé essentiellement en vue de la création d’obligations que les parties s’obligeront à accomplir. Cependant, les circonstances ne sont pas toujours propices à l’accomplissement des obligations prévues. Il a alors été prévu dans le droit malgache, largement inspiré du droit français, des flexibilités prenant en compte la réalisation de certaines circonstances dont la date n’est pas connue.

28 Déc

UN RAPPEL SUR LA TARIFICATION EN ARIARY

Madagascar attire un grand nombre d’investisseurs étrangers. Ainsi, les contrats internationaux prennent de l’ampleur dans la vie juridique du pays et le règlement en devise devient une pratique usuelle.
Cependant, depuis le 11 avril 2007, le Gouvernement Malagasy a promulgué un nouveau Décret n°2007-276 fixant l’affichage des prix, l’établissement des contrats de baux et des facturations et le règlement en Ariary, lequel abroge les dispositions prévues dans le Décret n° 2006-844 du 14 novembre 2006.